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Quels insectes font peur aux musées ?

Samedi dernier, en me rendant au Centre Pompidou j’ai été étonnée de rencontrer un insecte volant dans la petite salle du musée. Dangereux certains insectes peuvent dévaster des collections. Tout comme une humidité inadéquate, un surplus de lumière, les insectes peuvent détériorer des œuvres d’art et notamment ces cinq insectes : Antrène, dermeste noir, lépisme,  la mite tapissière et la petite vrillette.

Les insectes les plus dangereux pour les collections sont souvent kératophages ou xylophages. Ainsi les premiers se nourrissent essentiellement de kératine et les autres de lignine et de cellulose.

Anthrène

L’anthrène est un coléoptére dont le cycle dure de deux semaines à 1 an. Il peut être présent partout en France et s’attache à dégrader la kératine. L’anthrène, un insecte kératophage est donc nuisible pour les collections comportant du cuir, de la laine, des cornes par exemple.

Dermeste noir

Le dermeste noir ou dermestes ater, présent sur l’ensemble de la France, s’attache lui aussi à dégrader la kératine pouvant donc nuire aux collections comportant du cuir, de la laine comme par exemple les animaux naturalisés.

Lépisme

Le lépisme ou lepisma saccharina, présent partout en France, s’attache à dégrader la cellulose grâce à une bactérie présente dans son système digestif. Appréciant une forte humidité,  il craint par ailleurs la lumière. Nous le connaissons mieux sous le nom commun de poisson d’argent. Il peut également se nourrir de coton, de lin ou encore par exemple de moisissures. Pouvant vivre jusqu’à 8 ans sans doute par sa capacité à ne pas se nourrir durant un an, le lépisme vit en moyenne entre deux et trois ans.

Mite tapissière

La mite tapissière ou Tineola bisselliella, a la particularité de ne vivre que de nuit. Elle peut être présente partout en France et tout comme l’anthrène, elle s’attache à dégrader la kératine mais doit également se nourrir par exemple d’éléments d’animaux ou de végétaux. Elle peut ainsi dégrader les collections comportant du cuir, de la laine, des plumes comme les costumes et tapisseries mais qui notons le peuvent eux être également endommagés par la simple lumière. (dépolymérisation des fibres ou perte des couleurs par exemple).

Petite vrillette

L’ anobium ponctutum plus connu comme la petite vrillette, est un insecte xylophage, digérant donc la cellulose. Se plaisant dans  l’aubier des résineux et des feuillus la petite vrillette est dévastatrice pour les collections comportant du bois comme le bouleau et le pin. Bien que le développement de la larve se fasse entre 8 et 36 mois, dix ans sont parfois nécessaires dans certaines conditions.

… et alors, que font les musées ?

Bien que les traitements chimiques permettent de lutter contre ces insectes, aujourd’hui l’anoxie est privilégiée. L’air dans lequel sont placées les collections, est privé d’oxygène et remplacé par de l’azote. Ce traitement a une durée d’au moins 21 jours.
Bien sûr avant d’en arriver là d’autres méthodes permettent de protéger les collections. Par exemple la pose de pièges aide à l’inspection des collections et des bâtiments. Le nettoyage des sols et le fait d’aspirer évitent aux insectes de se trouver dans un  environnement favorable. Les huiles essentielles comme répulsif peuvent être utilisées et même des moustiquaires peuvent être posées.

Bibliographie

https://insectes-nuisibles.cicrp.fr, consulté le 02 juillet 2018
https://www.atelier-rosso.com/anoxie.html, consulté le 03 juillet 2018
MEDARD-BLONDEL, Mise en œuvre et limites de la conservation préventive au muséum d’Histoire
naturelle de Marseille, La Lettre de l’OCIM n° 138, 2011, p. 22-23
FEAU Etienne, LE DANTEC Nathalie, Vade-mecum de la conservation préventive, 2013, p. 16-17

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